• L'union fait la force: les cercles étudiants homos de Liège, de Bruxelles et de Namur ont décidé de se rassembler pour mieux se faire entendre et inspirer et soutenir d'autres initiatives.

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    En Belgique, les cercles homosexuels étudiants francophones viennent de se fédérer au sein d'une association sans but lucratif. Pour ces acteurs majeurs de l'aide aux jeunes LGBT, c'est un premier pas vers une possible reconnaissance... Aujourd'hui encore, il est difficile de se dire gay ou lesbienne sur un campus universitaire. C'est Joey Delatte, président du Cercle Homosexuel Etudiant Liégeois, qui tire ce constat.
     
    Carrefour

    En Belgique francophone, les associations étudiantes LGBT ont déjà une longue histoire derrière elles. L'Université Libre de Bruxelles a été la première à créer un cercle il y a 30 ans ; celui qui rassemble les étudiants liégeois existe depuis bientôt 20 ans et le cercle namurois a vu le jour au début des années 2000. Nous sommes tous issus d'une réalité commune : l'université, explique Joey Delatte. A l'heure d'internet et malgré un climat institutionnel plutôt favorable aux LGBT en Belgique, vivre son homosexualité sur un campus universitaire reste donc difficile. Le dire est une chose, analyse Joey Delatte, mais l'assumer en public en est une autre. Beaucoup de membres vivent d'ailleurs leur homosexualité dans la discrétion. Sur Facebook, nos groupes fermés ont plus de succès que nos groupes ouverts, précise le président du CHEL. Ces associations jouent un rôle essentiel en permettant au public étudiant LGBT de se rencontrer, de trouver un espace de parole et d'échanges, de sortir de leur isolement dans un lieu moins intimidant et superficiel qu'un bar gay. Primordial, à un âge où beaucoup de gays ou de lesbiennes prennent conscience de leur orientation sexuelle. Les cercles organisent toute une série d'activités sportives, ludiques, ou festives... Nous sommes au carrefour du monde estudiantin et du milieu gay, explique Joey Delatte, mais nous voulons aussi être une passerelle vers le monde académique et associatif (LGBT, plannings familiaux...).
     
    En se fédérant, les trois associations étudiantes, qui ont des contacts réguliers, ne veulent pas seulement renforcer le partage d'expériences entre les jeunes. Elles espèrent surtout obtenir une reconnaissance des autorités politiques, ce qui leur donnerait une plus grande visibilité, tant auprès des jeunes que de la société et des institutions. L'ASBL CHEFF (Cercles Homosexuels Etudiants Francophones Fédérés) aurait plus de légitimité pour informer et briser les clichés qui prévalent encore aujourd'hui dans le milieu estudiantin. Nous voulons aussi renforcer nos contacts avec le monde associatif en misant sur notre particularité : l'accueil de jeunes homos par d'autres jeunes homos. Les CHEFF veulent aussi améliorer l'accueil de leurs membres, via des espaces de dialogues sur les réseaux sociaux.
     
    Soutiens

    Cette possible reconnaissance pourrait aussi favoriser la naissance d'autres cercles, voire leur renaissance. Il n'y a jamais eu de cercle homosexuel étudiant à Mons, raconte Joey Delatte, mais l'Université Catholique de Louvain en a eu un pendant 10 ans. Par manque de soutien des autorités académiques, il a fini par disparaître... Une situation qui ne devrait plus se reproduire au sein d'une fédération qui permettra aux cercles de mieux accomplir leur mission : être au service de tous les étudiants autour du thème des orientations sexuelles et de l'identité de genre.
     
    Par Laurent Doucet de Courtuy.

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