• Crachats, cadavre de serpent et menaces de mort. Petite ville d’à peine 3000 habitants juchée au-dessus de Toulon, Signes est le théâtre d’un terrible affrontement. Guylaine et Nathalie, la cinquantaine, affirment être victimes d’un harcèlement méticuleux de la part de deux couples de voisins, qui ne supportent pas leur homosexualité. Simple conflit de voisinage, répond la mairie...

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    Guylaine s’est installée chez Nathalie fin 2011. Artiste plasticienne, elle ouvre une galerie au sous-sol de leur maison, Nathalie travaille à Marseille. Dès lors, les ennuis commencent. Les deux couples de voisins n’ont pas supporté que nous vivions ouvertement ensemble. Ils ont commencé à nous insulter, à nous traiter de sales gouines, à nous dire d’aller nous faire soigner, raconte Guylaine. Des caméras ont été installées pour surveiller notre terrasse et les dégradations sont très fréquentes, affirment les deux femmes.

    Au printemps, la tension monte d’un cran et la violence des coups vient remplacer celle des mots. Le 29 mai dernier, je rentrais chez moi quand j’ai vu le chien des voisins uriner devant ma porte. J’ai essayé de le chasser avec un seau d’eau, avoue Guylaine. Le propriétaire du chien est arrivé en courant et m’a traité de "sale gouine". Il m’a frappée à la poitrine, alors qu’il sait que j’en suis à mon troisième cancer du sein et que j’ai subi une mastectomie, il a frappé sur la cicatrice exprès. Sa compagne et l’autre couple de voisins, qui nous avaient déjà insultées l’ont rejoint et m’ont menacée de mort».

    Nathalie, alertée par les cris de sa compagne, vient à sa défense avant d’être projetée au sol et rouée de coups. Les deux femmes récoltent plusieurs dizaines de jours d’arrêt de travail chacune et portent plainte pour violences et injures en fonction de l’orientation sexuelle. Depuis ce jour, elles confient vivre dans la peur et sont toutes les deux sous antidépresseurs et anxiolytiques. Nous sommes à bout, nous sommes tyrannisées, soupire Guylaine.

    Une caméra pointe vers notre terrasse

    Les dégradations se poursuivent et tous les jours ou presque, je retrouve de l’urine, du vomi ou même, une fois, un serpent mort devant notre porte. En août, les voisins ont installé quatre caméras dehors pour surveiller notre terrasse. Nous avons immédiatement fait venir un huissier. Celui-ci a attesté de la présence des appareils.

    Parole contre parole

    Le couple raconte ne recevoir aucun soutien de la mairie, qui leur aurait conseillé de quitter le village. Contacté par Le Figaro, le maire, sans étiquette, de Signes, Jean Michel, explique qu’il s’agit selon lui d’un "simple conflit de voisinage". La version de l’élu est très différente de celle du couple.

    Ces deux femmes sont procédurières et ne s’entendent avec personne, ça n’a rien à voir avec de l’homophobie. J’ai moi-même plein d’amis homosexuels. C’est un simple conflit de voisinage, et elles ne mettent pas du leur pour le résoudre. Par exemple, elles demandent à leurs voisins de couper leurs plantes alors qu’elles laissent les leurs déborder sur la rue, raconte le maire. J’aimerais que les choses se tassent, car on est en Provence et les événements pourraient dégénérer sérieusement…Je suis maire de Signes depuis plus de trente ans et c’est la première fois que j’ai dû saisir un avocat, soupire l’élu.

    L’avocat des deux femmes a pour sa part saisi le procureur de Toulon, à qui il appartient de lancer des poursuites. Les gendarmes poursuivent parallèlement leur enquête. «Il est trop tôt pour savoir s’il s’agit d’un conflit de voisinage ou d’homophobie, explique le commandant de la gendarmerie de Toulon, il faut laisser aux enquêteurs le temps de faire leur travail. Nathalie et Guylaine, de leur côté, ont mis leur maison en vente et ont hâte de quitter Signes.

    N'oubliez pas de signer la pétition :

    http://www.petitions24.net/agression_homophobe_29_mai_2012_a_signesvar


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