• Le Premier Ministre conservateur David Cameron reste déterminé à réformer le mariage dans le sens de l’égalité. Selon le quotidien"The Independent", il a demandé à ses Ministres d’inscrire cette réforme parmi celles qui sont prioritaires. La loi ouvrant le mariage pour les couples de même sexe pourrait être votée et publiée au journal officiel avant la fin de l’année prochaine.

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    En Grande-Bretagne, comme en France, l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe ne fait pas l’unanimité chez les politiciens et dans l’opinion publique. L’Eglise anglicane, religion d’Etat, est opposée à toute réforme sur ce sujet.

    En mai dernier, David Cameron avait déjà évoqué le sujet, en disant que le moment était venu. De nombreux députés de son parti ne sont pas de son avis. Malgré tout, il leur a demandé de voter librement selon leur conscience lorsque le texte sera présenté au Parlement. Les députés travaillistes et les libéraux, pour leur part, sont favorables à cette réforme qui ouvre la voie de l’égalité pour les personnes LGBT.

    Le 5 décembre 2005, la loi sur le Civil Partnership est entrée en vigueur en Grande-Bretagne. Les droits et devoirs de ce partenariat civil sont quasiment identiques au mariage. Un partenariat civil est formalisé par la signature d'un registre et non par la formulation de vœux mutuels comme avec le mariage. Il n’est pas possible de demander la dissolution du partenariat civil au motif de la non-consommation ou d'adultère, bien que les deux motifs réunis puissent être qualifié de motif d'invalidité du partenariat, prévu par les dispositions régissant le texte. La définition légale d'un mariage traditionnel est une longue vie tandis que les mots pour un partenariat civils sont long terme et prévu pour être permanents.


    Indépendamment des différences décrites ci-dessus et de l'utilisation du mot "mariage", les partenariats et les mariages civils donnent exactement les mêmes droits légaux et fonctionnent sous les mêmes conditions et il n'est pas légal d'être lié par un partenariat et un mariage en même temps. La droite et les groupes chrétiens ont tenté d'utiliser ce fait pour dénoncer que c'est simplement une manière déguisée d'instituer le mariage homosexuel et ont milité pour une forme d'union moins reconnue légalement afin de préserver l'unicité du mariage en vertu de la loi.

    A l'inverse, beaucoup de défenseurs du mariage homosexuel objectent que les partenariats civils ne donnent pas l'égalité totale des droits. Ils voient le mariage légal et les partenariats civils comme deux institutions artificiellement séparées et font un parallèle avec la ségrégation raciale pratiquée aux Etats-Unis par le passé.

    On accuse le Premier Ministre britannique de courtiser l’électorat LGBT en vue des prochaines échéances électorales. Il a reçu le soutien de nombreuses personnalités, dont celui de Sir Elton John qui souhaite pouvoir se marier avec son compagnon David Furnish. Le chanteur mondialement connu a déclaré : Je sais que beaucoup de personnes, et en particulier des religieux, se disent que David et moi devrions s’estimer heureux de vivre dans un pays qui autorise les unions civiles et de s’en contenter. Eh bien, je ne l’accepte pas. Je ne l’accepte pas parce qu’il y a une grande différence entre appeler son compagnon "mon partenaire" et "mon mari". Partenaire est un mot qui doit être réservé pour les personnes avec lesquelles vous jouez au tennis ou qui travaillent à vos côtés dans votre milieu professionnel. Je n’arrive pas à décrire l’amour que j’ai pour David et lui pour moi. En revanche un mari est quelqu’un que vous aimerez pour toujours et pour lequel vous feriez tout pour vous aimer pour le meilleur et pour le pire, dans la maladie ou la bonne santé.

    Elton John a terminé en disant : Jusqu’à ce que la loi reconnaisse que David Furnish est mon mari, et non pas simplement mon partenaire, la loi ne peut pas définir l’homme que je connais et que j’adore.

    La Grande-Bretagne semble également s’engager vers la voie de l’égalité pour les couples de même sexe. Nul doute que son exemple sera suivi par de nombreux autres pays européens. Dans une société en évolution, les lois ne sont pas figées dans le marbre, même au pays de la "perfide Albion".


    Par Giuseppe Di Bella

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