• Interview GayLib (les homos de l'UMP), ils ont du courage !

    GayLib : Il faut qu’un maximum de députés UMP votent la loi sur le mariage. Quel va être le rôle de GayLib lors des débats sur l’ouverture du mariage ? La nouvelle présidente du mouvement associé à l’UMP revient sur cette rentrée à l’actu LGBT chargée.

    catherine-michaud
     

    GayLib a fait sa rentrée avec une nouvelle présidente. Elue le 5 juillet dernier par le conseil d'administration, Catherine Michaud est la première femme à prendre les rênes de l'asso depuis sa création en 2002. Emmanuel Blanc, son prédécesseur, devient vice-président à la communication.

    Première mission pour cette cadre bancaire âgée de 29 ans : essayer de se faire entendre par les candidats à la présidence de l'UMP. Catherine Michaud a également été reçue par Christiane Taubira et Dominique Bertinotti dans le cadre des auditions pour la loi sur le mariage, et vient de lancer un blog sur Fiertés de droite. Elle revient sur cette rentrée chargée.

    A droite, les prises de positions se sont multipliées contre les réformes promises par le gouvernement socialiste sur l'égalité des droits. Quel va être le programme d'action de GayLib dans ce contexte ?

    L'UMP est en train de renouveler son exécutif. Le travail que nous avons donc commencé à faire est d'aller à la rencontre des candidats. Je dois rencontrer Jean-François Copé dans les prochains jours et François Fillon dans les semaines à venir. Avant ça, j'ai pu m'entretenir avec Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire.

    C'est important de montrer que nous sommes là, de discuter avec les cadres du parti, voir s'ils ont besoin d'informations... Parfois, on s'aperçoit que, pour certains, ce n'est pas tellement une question d'homophobie, mais plus de méconnaissance du sujet. Il faut leur dire : est-ce que l'on continue sur la ligne que l'on a tenue par le passé ou est-ce que l'on ouvre les yeux pour voir la société telle qu'elle est ? Les sondages le montrent, les Français sont prêts pour une évolution.

    Au final, notre objectif, c'est qu'un maximum de parlementaires UMP et Nouveau Centre votent le texte sur le mariage le jour où il sera présenté à l'Assemblée. Je souhaite que les deux candidats à la présidence de l'UMP s'engagent, s'ils arrivent à la tête du parti, à ce qu'il n'y ait pas de consigne de vote pour ce texte.

    Est-ce que vous comptez prendre position lors de l'élection pour la présidence de l'UMP ?

    Nous verrons à l'issu de mes entretiens avec les deux candidats quelle équipe nous retenons. Nous nous gardons aussi la possibilité de ne pas faire d'appel de vote. GayLib est un mouvement associé à l'UMP, mais si nous estimons que nos propositions ne sont pas représentées, nous pouvons ne pas donner de consigne de vote, comme lors de la présidentielle.

    Avec le débat à venir sur le mariage et l'adoption, on peut craindre que le discours politique se radicalise, notamment du côté de la Droite populaire. Est-ce que c'est une de vos craintes ?

    La droite populaire a été réduite de moitié aux dernières élections législatives. Ils ont été sanctionnés par les électeurs, j'espère qu'ils sauront faire l'analyse de leur échec et se remettre en cause. A gauche comme à droite, il y a des parlementaires qui sont susceptibles de déraper. S'il y a dérapage, il faudra veiller à ce qu'ils soient sanctionnés.

    D'autres projets pour GayLib dans les mois à venir ?

    Je souhaite que l'association soit présente sur l'intégralité du territoire. Il reste encore de grandes zones où nous ne sommes pas présents. J'irais dans chacune de nos cinq (et bientôt sept) délégations au moins une fois par an. D'ici la fin de l'année, je lancerai GayLib Grand Nord et GayLib Paca.

    Vous êtes la première femme à ce poste. C'est quelque chose dont il a été question lors de votre élection ?

    Je n'ai pas été candidate parce que j'étais une femme. On ne s'est pas dit : tiens, ça serait bien d'avoir une femme, ça serait vendeur. J'avais la motivation et la détermination ; l'année qui s'annonce va être importante. Mais je trouve le symbole sympa. Le milieu militant LGBT est plutôt masculin, donc on ne peut que se féliciter qu'il y ait des lesbiennes qui s'investissent.

    Vous êtes adhérente de l'UMP depuis 2002. Pourquoi vous êtes-vous investie dans GayLib ?

    J'ai voulu participer à un mouvement LGBT il y a 4 ans. Je me suis dit : il y a une grosse carence d'égalité entre les couples homos et hétéros mais qu'est-ce que tu fais pour que ça change ? Pour faire bouger les lignes dans ta famille politique ?

    Les mentalités ont évolué au sein de l'UMP depuis la création de GayLib. Il y aura encore du travail dans les années à venir. On est jamais à l’abri d'un candidat, quelle que soit sa couleur politique, qui pourrait avoir comme projet d'abroger les textes de loi sur l'égalité des droits. Et là ce sera notre travail de peser.

    Vous craignez que la droite soit tentée de revenir sur le mariage ?

    Non, mais c'est mieux de poser les choses à plat dès le départ. Quand on voit l'inquiétude, en Espagne, d'une remise en cause du mariage des couples homos par la droite... Rien n'est jamais acquis. Ce n'est pas une crainte, mais il faut être dans l'anticipation.

    Vous venez d'ouvrir un blog. Que souhaitez-vous y partager ?

    J'essaierai de coller à l'actu. Le premier article était sur la fameuse prière du 15 août. Je me suis permise de rappeler que la République française était laïque, cela fait plus d'un siècle maintenant ! Que l'Eglise donne son avis, très bien, mais elle n'a pas à faire de politique.

    Par David Chaumet.


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