• La liste des 129 premiers parlementaires UMP et centristes qui ont signé ce texte, clairement destiné à faire blocage à tout projet d'égalité des droits pour les homos.

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    L'opposition au mariage pour tous attaque sur tous les fronts. Des actions de terrain bien sûr avec celle, démultipliée, de l'association Vita de Christine Boutin mardi, tandis que les ultra-radicaux de Civitas s'apprêtent à se rassembler en novembre. Les partisans de Christine Boutin ne comptent d'ailleurs pas arrêter là leur action.

    Quant aux parlementaires, ils ont republié cette semaine la fameuse Entente parlementaire pour la Famille», sous-titrée Manifeste pour la défense du droit fondamental de l'enfant d'être accueilli et de pouvoir s'épanouir dans une famille composée d'un père et d'une mère lors de sa première sortie, en 2006, sous l'impulsion du député Jean-Marc Nesme. Le même avait tenté de rassembler à nouveau les troupes anti-égalité des droits en 2009, sans parvenir à publier une nouvelle liste de noms. Puis a été battu lors des dernières élections législatives.

    Une grande manif bientôt
    C'est donc à l'initiative d'autres parlementaires que cette pétition, sans valeur légale mais qui permet à l'opposition de se compter avant l'ouverture des débats, ressurgit. Les 129 signataires ("Libération" aujourd'hui en compte 3 de plus, sans donner de noms) ont écrit au gouvernement pour demander l'ajournement du projet et une commission spéciale à l'Assemblée pour examiner ce texte. Ils n'ont pas encore obtenu de réponse.

    On voit que ce texte pose des problèmes, a lancé hier Xavier Breton (UMP) au cours d'une conférence de presse à l'Assemblée aux côtés d'autres députés de cette Entente, comme Philippe Gosselin ou Marc Le Fur. M. Breton a aussi évoqué l'idée d'une grande manifestation nationale qui pourrait avoir lieu en début d'année prochaine.

    Enjeu de civilisation
    Il faut informer largement l'opinion publique sur le fond et sur les conséquences de ce projet sur l'ensemble de la société, a plaidé Jean-Frédéric Poisson. C'est un enjeu de civilisation, nous exigeons un débat public, a affirmé pour sa part le député UMP de la Drôme, Hervé Mariton. Le centriste Charles de Courson (UDI) a fait état du problème de la filiation. Nous sommes nombreux dans notre Entente à penser que ce qui est prioritaire, ce sont les droits des enfants et pas le droit à l'enfant», a-t-il dit.

    Nicolas Dhuicq, "seul médecin psychiatre" de l'Assemblée, a mis en avant les difficultés de construction chez les enfants du fait de l'homoparentalité. Je redoute à terme, c'est à peine de la science-fiction, qu'il aura deux humanités, une humanité qui sera issue du ventre d'une femme et une qui sera totalement artificielle, a-t-il expliqué.

    Voici les 129 premiers parlementaires ayant signé "l'entente parlementaire" (cette liste sera mise à jour) :

    Bernard ACCOYER (UMP) ancien Président de l’Assemblée nationale député de la Haute-Savoie,
    Julien AUBERT (UMP) député du Vaucluse,
    Olivier AUDIBERT-TROIN (UMP) député du Var,
    Gérard BAILLY (UMP) sénateur du Jura,
    Patrick BALKANY (UMP) député des Hauts de Seine,
    Jean-Pierre BARBIER (UMP) député de l’Isère,
    Philippe BAS (UMP) ancien ministre sénateur de la Manche,
    Michel BECOT (UMP) sénateur des Deux-Sèvres,
    Véronique BESSE (non inscrite) députée de la Vendée,
    Joël BILLARD (UMP) sénateur d’Eure-et-Loir,
    Jean BIZET (UMP) sénateur de la Manche,
    Etienne BLANC (UMP) député de l’Ain,
    Gilles BOURDOULEIX (UDI) député du Maine-et-Loire,
    Xavier BRETON (UMP) député de l’Ain,
    Jean-Noël CARDOUX (UMP) sénateur du Loiret,
    Gérard CESAR (UMP) sénateur de la Gironde,
    Jean-Pierre CHAUVEAU (UMP) sénateur de la Sarthe,
    Guillaume CHEVROLLIER (UMP) député de la Mayenne,
    Dino CINIERI (UMP) député de la Loire,
    Philippe COCHET (UMP) député du Rhône,
    Raymond COUDERC (UMP) sénateur de l’Hérault,
    Charles de COURSON (UDI) député de la Marne,
    Jean-Michel COUVE (UMP) député du Var,
    Marie-Christine DALLOZ (UMP) députée du Jura,
    Gérald DARMANIN (UMP) député du Nord,
    Philippe DARNICHE (non affilié) sénateur de la Vendée,
    Isabelle DEBRE (UMP) sénatrice des Hauts de Seine,
    Jean-Pierre DECOOL (apparenté UMP) député du Nord,
    Yves DETRAIGNE (Alliance centriste) sénateur de la Marne,
    Nicolas DHUICQ (UMP) député de l’Aube,
    Dominique DORD (UMP) député de la Savoie,
    Virginie DUBY-MULLER (UMP) députée de la Haute-Savoie,
    Marie-Annick DUCHÊNE (UMP) sénatrice des Yvelines,
    Daniel FASQUELLE (UMP) député du Pas-de-Calais,
    Yves FOULON (UMP) député de la Gironde,
    Bernard FOURNIER (UMP) sénateur de la Loire,
    Jean-Paul FOURNIER (UMP) sénateur du Gard,
    Jean-Christophe FROMANTIN (UDI) député des Hauts-de-Seine,
    Yves FROMION (UMP) député du Cher,
    Annie GENEVARD (UMP) députée du Doubs,
    Bernard GERARD (UMP) député du Nord,
    Alain GEST (UMP) député de la Somme,
    Franck GILARD (UMP) député de l’Eure,
    Bruno GILLES (UMP) sénateur des Bouches du Rhône,
    Charles-Ange GINESY (UMP) député des Alpes-Maritimes,
    Claude GOASGUEN (UMP) ancien ministre député de Paris,
    Jean-Pierre GORGES (UMP) député de l’Eure-et-Loir,
    Philippe GOSSELIN (UMP) député de la Manche,
    Philippe GOUJON (UMP) député de Paris,
    Anne GROMMERCH (UMP) députée de la Moselle,
    Arlette GROSSKOST (UMP) députée du Haut-Rhin,
    Jean-Jacques GUILLET (UMP) député des Hauts-de-Seine,
    Michel HEINRICH (UMP) député des Vosges,
    Pierre HERISSON (UMP) sénateur de la Haute-Savoie
    Francis HILLMEYER (UDI) député du Haut-Rhin,
    Guénhaël HUET (UMP) député de la Manche,
    Christiane HUMMEL (UMP) sénatrice du Var,
    Benoît HURE (UMP) sénateur des Ardennes,
    Patrick LABAUNE (UMP) député de la Drôme,
    Valérie LACROUTE (UMP) députée de la Seine-et-Marne,
    Marc LAFFINEUR (UMP) ancien ministre député du Maine-et-Loire,
    Jacques LAMBLIN (UMP) député de la Meurthe-et-Moselle,
    Laure de LA RAUDIERE (UMP) députée d’Eure-et-Loire
    Guillaume LARRIVE (UMP) député de l’Yonne,
    Charles de LA VERPILLIERE (UMP) député de l’Ain,
    Alain LEBOEUF (UMP) député de la Vendée,
    Isabelle LE CALLENNEC (UMP) députée de l’Ille-et-Vilaine,
    Marc LE FUR (UMP) député des Côtes d’Armor,
    Dominique de LEGGE (UMP) sénateur de l’Ille-et-Vilaine,
    Jean-Pierre LELEUX (UMP) sénateur des Alpes Maritimes,
    Philippe LEROY (UMP) sénateur de la Moselle,
    Céleste LETT (UMP) députée de la Moselle,
    Geneviève LEVY (UMP) députée du Var,
    Jean-Louis LORRAIN (UMP) sénateur du Haut-Rhin,
    Véronique LOUWAGIE (UMP) députée de l’Orne,
    Roland du LUART (UMP) sénateur de la Sarthe,
    Laurent MARCANGELI (UMP) député de la Corse-du-Sud,
    Thierry MARIANI (UMP) ancien ministre député des Français établis hors de France,
    Hervé MARITON (UMP) ancien ministre député de la Drôme,
    Olivier MARLEIX (UMP) député d’Eure-et-Loir,
    Philippe-Armand MARTIN (UMP) député de la Marne,
    Patrice MARTIN-LALANDE (UMP) député du Loir-et-Cher,
    Alain MARTY (UMP) député de la Moselle,
    Jean-Claude MATHIS (UMP) député de l’Aube,
    Jean-François MAYET (UMP) sénateur de l'Indre
    François de MAZIERES (apparenté UMP) député des Yvelines,
    Colette MELOT (UMP) sénatrice de la Seine-et-Marne,
    Philippe MEUNIER (UMP) député du Rhône,
    Jean-Claude MIGNON (UMP) député de la Seine-et-Marne,
    Albéric de MONTGOLFIER (UMP) sénateur d’Eure-et-Loir,
    Yannick MOREAU (non inscrit) député de la Vendée,
    Jean-Luc MOUDENC (UMP) député de la Haute-Garonne,
    Alain MOYNE-BRESSAND (UMP) député de l’Isère,
    Jacques MYARD (UMP) député des Yvelines
    Dominique NACHURY (UMP) députée du Rhône
    Yves NICOLIN (UMP) député de la Loire
    Patrick OLLIER (UMP) ancien ministre député des Hauts de Seine
    Bernard PERRUT (UMP) député du Rhône
    Robert del PICCHIA (UMP) sénateur représentant les Français établis hors de France
    Jackie PIERRE (UMP) sénatrice des Vosges
    Jean-Frédéric POISSON (UMP) député des Yvelines
    Josette PONS (UMP) députée du Var
    Christian PONCELET (UMP) ancien Président du Sénat sénateur des Vosges
    Didier QUENTIN (UMP) député de la Charente-Maritime
    Henri de RAINCOURT (UMP) ancien ministre sénateur de l’Yonne
    Frédéric REISS (UMP) député du Bas-Rhin
    Bruno RETAILLEAU (apparenté UMP) sénateur de la Vendée
    Charles REVET (UMP) sénateur de la Seine-Maritime
    François ROCHEBLOINE (UDI) député de la Loire
    Jean-Marie SERMIER (UMP) député du Jura
    Esther SITTLER (UMP) sénatrice du Bas-Rhin
    Thierry SOLERE (apparenté UMP) député des Hauts-de-Seine
    Eric STRAUMANN (UMP) député du Haut-Rhin
    Jean-Charles TAUGOURDEAU (UMP) député du Maine-et-Loire
    Jean-Marie TETART (UMP) député des Yvelines
    Michel TERROT (UMP) député du Rhône
    Dominique TIAN (UMP) député des Bouches-du-Rhône
    André TRILLARD (UMP) sénateur de la Loire Atlantique
    Catherine TROENDLE (UMP) sénatrice du Haut-Rhin
    Catherine VAUTRIN (UMP) ancienne ministre, députée de la Marne,
    Jean-Pierre VIAL (UMP) sénateur de la Savoie,
    François-Xavier VILLAIN (UDI) député du Nord,
    Philippe VIGIER (apparenté UMP) député d’Eure-et-Loir,
    Philippe VITEL (UMP) député du Var,
    Michel VOISIN (UMP) député de l’Ain.

    Par David Chaumet.


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  • Depuis vingt jours, l'équipe gérante tenait tête à la justice en refusant de quitter les lieux. C’est maintenant chose faite: Le Troisième Lieu et les Filles de Paris, deux établissements des nuits lesbiennes parisiennes, viennent de plier bagages.

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    On la sentait approcher, l’annonce vient de tomber. Le bar lesbien parisien le Troisième Lieu, sa voisine restau-bar-club Les Filles de Paris et la boutique de disques et t-shirts My Electro Kitchen (les trois lieux, situés près de Beaubourg à Paris, sont associés et appartiennent à la même gérante) ont plié bagages et fermé leurs portes.

    Entre dette fiscale et redressement judiciaire, Le Troisième Lieu et consorts, aux prises avec la justice, étaient menacés de liquidation depuis plus d’un an et demi. Depuis une vingtaine de jours, le tribunal de commerce de Paris leur ordonnait de quitter les lieux. On ne fermera pas avant d’avoir soutenu notre appel, le 31 octobre et de connaître la décision finale !, répondait alors Isabelle - proche de Yauss, la gérante - qui suit l’affaire de près depuis le début.

    Les clés sont rendues
    La "Cantine des ginettes armées" vient de faire volte-face. Finalement on a rendu les clés avant-hier, explique aujourd’hui Isabelle, qui confie ne plus trop croire en une issue favorable au bar lesbien parisien. On ne voulait pas davantage envenimer les choses avec le repreneur (un bar non-LGBT, ndlr). Lui voulait absolument entrer dans les lieux étant donné que la vente est déjà validée… On ira bien sûr soutenir notre appel, et suite à cette audience le tribunal se prononcera sous quinze jours en principe. S’il confirme sa décision, un point final sera mis à l’histoire et Le Troisième Lieu tirera définitivement sa révérence.

    En quasiment neuf ans d’existence, le bar parisien et ses soirées auront clairement marqué leur temps. C’est la cantine des filles, créée par des filles, mais ouverte à tous ! A l’origine je ne voulais pas en faire un bar lesbien, se souvient Yauss, sa fondatrice. Le lieu a été assez hétéroclite quand on l’a ouvert, mais c’est vrai qu’aujourd’hui les filles se l’étaient accaparées.


    On va aller où maintenant ?
    Rag a, elle aussi, vécu le lancement du Troisième Lieu. DJ résidente pendant trois ans, elle y a fait ses débuts : «C’est une famille, un concept à part, raconte-t-elle. Aux débuts il n'y avait pas grand chose qui marchait mais on s’en sortait toujours ! On s’est retrouvées plein de fois à poil sur le bar, c’est ça le Troisième Lieu, c’est toujours le bordel !

    On va aller où maintenant ? C’est la question que beaucoup de filles se posent. Rappelons qu’aujourd’hui à Paris, la Mutinerie, le RG, le So What, le 3W, les Jacasses, le Fox, la Champmeslé, l'O'kubi ou encore le Rosa Bonheur, s’affichent comme lesbien ou lesbian-friendly.
     
    Par Florence Delvaut.

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  • C'est la photo qui a fait le tour des réseaux sociaux : deux jeunes femmes répondaient par un très beau baiser aux rassemblements contre l'ouverture du mariage à tous. Les deux étudiantes expliquent leur geste.

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    L'association Alliance Vita appelait les anti-mariage et adoption pour tous à se rassembler dans 75 villes françaises. A Marseille, face à ce mouvement homophobe, deux jeunes femmes ont eu la plus savoureuse des réactions : elles ont échangé un beau baiser devant une foule médusée. Un moment immortalisé par une superbe photo qui n’en finit plus de circuler sur internet et les réseaux sociaux.

    Les deux Marseillaises qui nous ont offert cette belle image : Julia, 17 ans (à droite) et Auriane, 19 ans (à gauche), nous racontent comment elles se sont retrouvées dans la manifestation par hasard, comment l’idée du baiser a germé… et comment elles ont eu le culot de passer à l'acte !
     
    Ce baiser était-il complètement spontané ?
    Julia : Oui ! D’ailleurs on s’est retrouvées complètement par hasard à la préfecture où étaient les manifestants.
    Auriane : En fait leur slogan nous a interpellées, on trouvait ça marrant au début.
    Julia : Avec leur "On ne ment pas aux enfants", on a de suite pensé qu’il s’agissait d’un rassemblement bon enfant. On est quand même allé leur demander pourquoi ils étaient là, et là ils nous ont expliqué qu’ils étaient contre le mariage gay et l’adoption, on les a un peu écoutés... Pas très loin d’eux on a rencontré une poignée de contre-manifestants. Ils avaient envie de répondre au rassemblement mais ils ne savaient pas comment…
    Auriane: J’ai lancé l’idée à Julia, je lui ai dit "Allez, on se met en plein milieu et on s’embrasse devant tout le monde ! Au début c’était sur le ton de la rigolade.

    Julia : Cinq minutes après on y était !


    Pendant que vous vous embrassiez, vous aviez conscience de la réaction des manifestants autour de vous ?
    Julia : Sur la photo, on voit toutes ces femmes en train d’ouvrir la bouche comme si on venait de faire un truc horrible (rires) ! Pendant qu’on s’embrassait, elles étaient en train de crier "Vous êtes dégueulasses ! Vous êtes pas belles !".
    Auriane : Les gens ne s’y attendaient pas du tout. Le baiser a duré une quinzaine de secondes, c’était pas juste un bisou, on a tenu !


    Vous êtes hétéros toutes les deux. Quel sens donnez-vous à ce baiser ?
    Julia : Je pense qu’on n’a pas besoin d’être homo pour les soutenir ! C’est un geste de solidarité pure et simple. Je suis pour ce que ces manifestants ne veulent pas. Face à eux on n’était tellement peu… Ça ne servait à rien de leur parler car ils campent sur leur position. Et ça ne servait à rien non plus de crier ni de les insulter au risque qu’ils se braquent.
     
    Quelle était la réaction que vous vouliez provoquer chez eux?
    Auriane : Sur le moment on a surtout voulu les faire chier ! Même si on n’est pas lesbiennes, une femme avec une femme, on trouve ça complètement banal.
    Julia : Personnellement j’avais vraiment envie de les embêter, de les provoquer un peu… Sans pour autant vouloir faire de scandale.


    Après votre baiser, que s’est-il passé ?
    Julia : Les manifestants sont venus nous dire qu’ils essayaient de faire une chorégraphie bien cadrée et ils nous ont demandé de partir… Trois d’entre eux se sont alors donnés la main, ont fait une sorte de barrage et nous ont poussé derrière. Il n’y a pas eu d’altercation ensuite. Simplement un vieux Monsieur qui est venu nous dire qu’on était des fachos !


    Vous n’avez jamais eu peur ?
    Julia : Non parce qu’on n’a vraiment pas pris le temps de réfléchir ! Ce n’est qu’après que je me suis dit qu’on avait eu du culot de le faire !


    Vous avez essayé de discuter avec les manifestants ou vous n’en aviez pas envie ?
    Julia : Si, justement, nous on avait envie de discuter avec eux et une dame a bien voulu nous écouter. On a discuté avec elle pendant une bonne demi-heure d’ailleurs. Bon, bien sûr on n’a pas réussi à lui faire comprendre pourquoi on contestait leur manif…


    Quelle a été la réaction de vos amis et de vos parents quand ils ont vu la photo ?
    Auriane : Sur internet, il n’y a que des gens qui nous soutiennent, ça fait super plaisir !
    Julia : Mes potes ont été surpris dans le bon sens, ils nous ont félicitées ! Ma mère, et c’est un concours de circonstance, je l’ai eu au téléphone trois minutes avant d’embrasser mon amie ! Quand je lui ai annoncé ce qu'on voulait faire, elle m’a répondu "Mais t’as pas peur de te faire frapper ?". Depuis elle a vu la photo et elle m’a dit que j'allais au bout de mes convictions, que c’était tout à mon honneur et qu’elle était fière de moi !
     
     
    Par David Chaumet.

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  • En amont de ce projet de documentaire sur l'homosexualité à Cuba, trois questions à son co-réalisateur, Gregory Szeps.

    "Je ne suis pas macho !" C'est le titre du nouveau projet de documentaire de Magda Wodecka et Gregory Szeps. Forts de leur précédent film sur la capitale cubaine, et des personnes qu'ils y ont rencontré, les deux documentaristes souhaitent repartir sur l'île des caraïbes pour filmer l'évolution rapide des mentalités sur les droits LGBT. Des camps de "rééducation" des années 60 au changement de sexe gratuit, comment la société cubaine vit-elle ces changements ? Gregory Szeps évoque sa démarche.

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    Pourquoi avoir choisi Cuba pour traiter de l'homosexualité ?
    Depuis notre premier documentaire à Cuba, Magda Wodecka et moi sommes tombés amoureux du pays. C'est aussi pendant le tournage de ce premier film que nous avons rencontré Yanuci, le fil rouge de "Je ne suis pas un macho". La vie de cet homosexuel, transformiste à ses heures au cabaret Las Vegas de la Havane et ancien prostitué, nous a servi de point de départ pour tenter de faire le constat de l'évolution de la perception des LGBT à Cuba, à travers différents portraits d'homos, de trans, d'activistes...
     
    L'évolution des mentalités est-elle plus perceptible là bas ?
    C'est la même qu'en France ou ailleurs. Simplement, l'arrivée de la Raul Castro au pouvoir et l'implication de sa femme, puis de sa fille dans le militantisme LGBT a accéléré les processus sociaux. Mariela Castro a permis les opérations de changements de sexe gratuitement et tente actuellement de faire passer une loi sur le mariage. L'évolution est rapide, mais les mentalités ont-elles vraiment changé ? C'est ce que nous voulons savoir.
     
    C'était important pour vous de traiter ce sujet ?
    Cela fait un an que l'on travaille dessus, c'est dire l'importance du sujet pour nous. Nous sommes entourés par des personnes LGBT, et confrontés aux problèmes d'intégration auxquels ils sont confrontés. Pour ce documentaire, il s'agira d'éviter les clichés, les confusions qui sont souvent opérées à ce sujet, tout en rendant le propos narratif, intéressant. On ne veut pas rentrer dans le piège de la politique : le film sera social, perceptif, humain.
     
    Si vous souhaitez soutenir ce projet, vous pouvez aider à son financement en faisant des dons de 1 à 300 euros, sur le site http://www.kisskissbankbank.com/cuba-je-ne-suis-pas-un-macho
     
    Par Olivier de Cléry.

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