• Taille de pénis : mais pourquoi ça nous préoccupe autant ?

    La taille du pénis a été l'objet d'une étude réalisée par des chercheurs irlandais qui a comparé les moyennes de tous les pays. La moyenne mondiale se situerait autour de 14,5 cm... Mais comment expliquer cette obsession de la taille du sexe masculin ?

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    David Chaumet :
    Une étude irlandaise a comparé la moyenne des tailles des sexes masculins dans le monde. Comment expliquer que cette question préoccupe autant les hommes ?
     
    Pascal de Sutter (psychologue-sexologue et professeur à l'université de Louvain-La-Neuve) :
    C'est un symbole de virilité, de fertilité et de masculinité qui est très ancien. En effet, dans certains bas-reliefs d'Egypte ancienne qui date pour certains de 5 000 ans, on voit déjà des mises en scène montrant des pénis gigantesques mis en avant. Plus récemment, on retrouve de tels représentations dans certaines estampes japonaises datant du XVIe siècle. Dans la plupart des cultures, le culte du pénis est très présent. Cette fascination pour le sexe masculin, plus particulièrement le sexe en érection ce que l'on appelle le phallus est quelque chose de très présent dans notre société.
     
    La culture d'occidentale en a fait quelque chose d'ethnocentré, d'où les théories freudiennes sur la recherche du phallus et son obsession permanente. Cette vision est selon moi tout à fait infondée car trop phallocratique. Je suis convaincu que dans l'histoire de l'humanité, il y a beaucoup plus de représentation du corps de la femme que de sexe masculin. En effet, le corps féminin fascine énormément plus, autant l'homme que la femme d'ailleurs.
     
    Il reste que beaucoup d'hommes attachent une importance à la taille du pénis car il est supposément avantageux d'avoir un pénis plutôt grand. Cela s'explique par le fait que le pénis étant l'attribut sexuel le plus évident, on serait plutôt porté à penser que s'il est plus présent physiquement, il apportera plus de plaisir et de satisfaction. C'est un peu la même chose pour les femmes et leur poitrine.

    Comment expliquer le fait que la société soit aussi phallocentrée à l'heure de la métrosexualité ?

    On cultive aujourd'hui une certaine androgynie de l'homme aujourd'hui. Il y a une tendance, par exemple, à vouloir féminiser les professions masculines et inversement. Plus largement, on essaye de faire ressembler les hommes à des femmes. Mais, face à ce courant, il y a toujours un contre-balancier. Les extrêmes sont donc exacerbés, notamment avec la pornographie, de plus en plus "trash" et avilissante. Les hommes vont également mettre en avant des modèles d'hyper virilité comme le gladiateur musclé avec un grand pénis. C'est un phénomène rebond par rapport à une tendance de féminisation de l'homme en occident.

    La pornographie a-t-elle un effet pervers sur le regard que les hommes portent sur eux-mêmes ? Peut-il naître des complexes face à la surexposition de sexes surdimensionnés ?

    Il faut dire que le complexe du petit pénis est né bien avant l'apparition des films pornographiques. C'est par exemple le complexe du vestiaire qui confronte les hommes aux autres et qui les mettent dans une situation de comparaison. Il faut toutefois préciser qu'il est nécessaire de différencier la taille du pénis à l'état flaccide et celle en érection. En effet, l'un ne prédit pas toujours l'autre de manière fiable, il peut y avoir un pénis très petit à l'état flaccide qui devient d'une taille "normale" en érection.

    On note que dans les films pornographiques, les hommes ont des pénis hors normes, ce qui laisse à croire à beaucoup de jeunes hommes que c'est une taille normale et que les partenaires ont besoin de cela pour prendre du plaisir. Ce qui est totalement faux.

    Peut-on souffrir psychologiquement d'avoir un trop petit pénis ou un trop gros ?

    Comme pour tout, les extrêmes sont toujours une source de souffrance. Un petit pénis peut être difficile à vivre car il peut être source de moquerie, par les camarades. A l'état d'érection, cela peut aussi être handicapant car certains partenaires peuvent être très humiliants. Ils peuvent être moqueurs ou faire des remarques déplacées voir insultantes. Cela peut engendrer une grande souffrance chez l'homme voire un blocage sexuel.

    A contrario, un pénis trop grand peut être handicapant car certains peuvent s'en effrayer ou même trouver désagréable de devoir se faire pénétrer par quelque chose d'aussi impressionnant.

    Les petits sexes peuvent-ils être un frein à l'intégration sociale ?

    Tout à fait, certains peuvent faire de véritables blocages sur la taille de leur sexe, et en venir à ne plus vouloir faire de rencontres. Ils vont même jusqu'à saboter leur possibilité de rencontre de peur d'affronter le regard sur leur sexe.

    Souvent, et même dans l'immense majorité des cas, ce complexe est injustifié car beaucoup d'hommes perçoivent leur sexe plus petit qu'il ne l'est au regard de la moyenne.

    Au fond, qu'en pense réellement les partenaires, est-ce aussi important que cela ?

    Evidemment que ce n'est pas si important que cela pour les partenaires. Les extrêmes vont être compliqués, mais en dehors des cas de micro pénis ou de pénis démesurément grands, les partenaires ne s'attachent pas vraiment à la différence, dans la mesure où il y a beaucoup d'autres choses qui comptent, comme les préliminaires ou la manière de faire l'amour. Les deux centimètres de plus ou de moins ne changent réellement pas grand chose !

    Par David Chaumet.


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