Il y a quelques années, il n’était pas question de laisser sans montre un client qui déposait la sienne au service après-vente : on lui prêtait une "montre de courtoisie". La tradition s’est perdue, pour au moins une bonne raison : ces montres de service étant plus rares que les montres de série, les collectionneurs ne les rendaient pas ! C’est ainsi qu’elles sont devenues des stars des enchères. Jamais en panne d’une idée marketing, la manufacture Hublot relance une série de "Hublot Atelier" pour équiper ses boutiques en "montres de prêt". Le problème est cette "Atelier" en céramique est trop réussie pour cette seule fonction ancillaire : le design réussit à combiner élégance, sobriété et pureté fonctionnelle (heures, minutes, secondes et la date, avec un mouvement à quartz). La mention Not for Sale est une sorte de muleta sous les yeux des collectionneurs : la montre n’en sera que plus rare. On peut déjà parier qu’on tient là un futur collector en même temps qu’une illustration parfaite des « effets pervers » d’une bonne idée marketing : c’est le Not for Sale qui se vend le mieux !
Les Français sont des petits malins : l’équipe de la nouvelle marque Open Watch n’a pas vraiment inventé la montre monochrome en silicone, loin de là ! Il suffisait de cloner les collections Ice-Watch pour se positionner un peu plus bas en prix (39 euros pour les éditions limitées avec les drapeaux nationaux sur le cadran - y compris celui de l’URSS ! - et les têtes de mort. La ruse, c’est de proposer ces montres dans une canette de soda en alu, qu’il suffit de décapsuler pour accéder à la montre : une première amusante dans le packaging horloger, du moins pour le marché français, parce que les Hongkongais y avaient déjà pensé…
Au pays des horloges comtoises et des pendules de parquet, Philippe Le Bru a décidé de réinventer le temps en version XXL. On lui doit déjà l’horloge de la gare TGV de Besançon, dans la salle des Pas-Perdus : c’est bien le moins que pouvait faire la capitale française de l’horlogerie. Il présente ces jours-ci cette horloge au salon Maison & Objet (Paris). C’est impressionnant et… monumental !
Par Laurent Doucet de Courtuy.